Le Rinjani, ce que l'on gravit vraiment
Le mont Rinjani est un stratovolcan qui occupe tout le nord de Lombok. Son sommet culmine à 3 726 mètres — point le plus haut de l’île, deuxième plus haut volcan d’Indonésie après le Kerinci, et l’un des plus beaux belvédères de l’archipel. Au nord, la mer de Bali ; à l’ouest, la silhouette du mont Agung balinais ; à l’est, le Gunung Tambora de Sumbawa, celui qui a changé le climat du monde en 1815. Le matin, quand la mer de nuages se met en place, trois îles se dessinent à l’horizon et la ouate monte jusqu’aux genoux. Au cœur de la caldeira dort le lac Segara Anak — « l’enfant de la mer » — une étendue sombre posée vers 2 000 mètres d’altitude. En son milieu émerge le Barujari, le « petit doigt de Dieu » : un cône volcanique né dans l’eau, qui fume parfois, foyer des dernières éruptions historiques. Ce lieu n’est pas qu’un décor : pour les communautés sasak comme pour les Hindous balinais, le lac et le sommet sont un espace sacré, où l’on monte déposer des offrandes lors de cérémonies comme le Mulang Pakelem. On ne marche pas une pente comme une autre ; on traverse un lieu vénéré, et cela impose une tenue, un silence, une humilité. (Wikipédia – Mount Rinjani · Smithsonian Global Volcanism Program – Rinjani.)
Il y a deux crêtes, et elles portent le même nom : Pelawangan Sembalun, atteinte dans l’après-midi du premier jour, et Pelawangan Senaru, de l’autre côté du cirque. Toutes deux se tiennent autour de 2 640 mètres, sur une ligne de sable et de rocailles qui surplombe la caldeira. C’est ici que l’on bivouaque, et c’est ici que le trek change de nature : le vent se lève à la tombée du jour et ne retombe qu’au matin, et les températures glissent vers 5 à 12 °C — ressenti bien plus bas avec le vent. Ce que personne ne raconte : à Pelawangan, les guides installent les abris en crabe par rapport à l’arrivée d’air, et arriment chaque hauban à un bloc de lave plutôt qu’à un piquet, parce que la nuit, sur cette crête, tout ce qui n’est pas attaché part dans la caldeira. C’est un savoir appris à leurs dépens, une saison après l’autre.
Le trek commence et finit dans deux villages au caractère bien distinct. Sembalun Lawang, à environ 1 100 mètres, ouvre sur une grande savane vallonnée et ses cultures : choux, oignons, café, vanille qui sèche au soleil sur les vérandas, une communauté sasak éloignée du Sud touristique. Senaru, de l’autre côté, s’accroche à la forêt et à l’eau — le village des cascades, Sendang Gile et Tiu Kelep, deux chutes dans un ravin de jungle que beaucoup découvrent après le trek, les jambes lourdes et l’esprit léger. Entre les deux, une Lombok qui a gardé son âme, bien loin de toute carte postale. Le massif est protégé au sein du parc national du Gunung Rinjani (TNGR), et le trek s’y pratique avec un permis nominatif, un guide agréé et un enregistrement via le système eRinjani. (Balai Taman Nasional Gunung Rinjani · Trek & Volcans en Indonésie.)






















